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Transparence salariale : comment construire une grille de salaires à partir de 2026 ?

Publié le 19 mai 2026 Modifié le 19 mai 2026

La transparence salariale va pousser les entreprises à mieux formaliser leurs règles de rémunération. Avec la directive européenne 2023/970, les employeurs devront notamment communiquer aux candidats la rémunération proposée ou une fourchette suffisamment tôt dans le processus de recrutement. La directive doit être transposée par les États membres de l’Union européenne au plus tard le 7 juin 2026.

Pour les RH, la question devient concrète : comment construire une grille de salaires claire, cohérente et défendable ? La réponse tient en trois principes : définir des postes comparables, associer chaque niveau à des critères objectifs, puis vérifier que les écarts de rémunération peuvent être expliqués par des éléments neutres et documentés.

Transparence salariale : pourquoi la grille de salaires devient stratégique

Une grille de salaires est un outil RH qui permet d’associer des niveaux de rémunération à des métiers, des responsabilités, des compétences ou des niveaux d’expérience. Elle sert à cadrer les décisions d’embauche, d’évolution et d’augmentation.

Dans un contexte de transparence salariale, la grille de salaires devient stratégique parce qu’elle aide l’entreprise à répondre à trois questions simples :

  • Combien rémunérer un poste à l’embauche ?
  • Comment expliquer une différence de salaire entre deux collaborateurs ?
  • Quels critères permettent de faire évoluer une rémunération ?

La directive européenne vise à renforcer l’égalité de rémunération entre les femmes et les hommes pour un même travail ou un travail de même valeur. Elle prévoit aussi que les travailleurs puissent accéder aux critères utilisés pour déterminer leur rémunération et leur progression salariale.

Autrement dit, une grille salariale ne doit pas seulement être pratique pour les RH. Elle doit aussi être lisible, cohérente et fondée sur des critères objectifs.

Ce que la transparence salariale change pour les RH

La transparence salariale impose aux RH de formaliser davantage les règles de rémunération. Les fourchettes de salaire, les critères d’évolution et les écarts éventuels devront être plus lisibles, mieux documentés et expliqués de façon cohérente.

Pour construire une grille de salaires fiable, les RH devront donc s’appuyer sur des données à jour, des critères objectifs et une lecture claire des niveaux de responsabilité. L’enjeu n’est pas seulement de répondre à une obligation réglementaire, mais de créer un cadre de rémunération plus équitable, compréhensible et utile au dialogue avec les candidats, les salariés et les managers.

Construire une grille de salaires en 6 étapes

Une grille de salaires efficace doit être simple à comprendre, mais suffisamment précise pour guider les décisions RH. Voici une méthode en six étapes.

  • La première étape consiste à identifier les métiers, les postes et les familles professionnelles de l’entreprise. Il s’agit de regrouper les postes comparables, par exemple : recrutement, paie, formation, relations sociales, développement RH, commerce, finance ou production.

    Cette cartographie évite de comparer des situations trop différentes. Elle permet aussi de repérer les doublons, les intitulés flous ou les postes dont le niveau réel de responsabilité n’est pas clairement défini.

  • Une grille de salaires doit distinguer les niveaux de poste. Par exemple : débutant, confirmé, senior, expert, manager ou direction. Chaque niveau doit correspondre à des critères précis.

    Ces critères peuvent inclure :

    • Le niveau d’autonomie
    • La complexité des missions
    • L’impact sur l’activité
    • La responsabilité budgétaire
    • L’encadrement d’équipe
    • L’expertise technique
    • La contribution attendue

    Dans une logique de transparence salariale, ces critères doivent être explicables. Si deux postes sont classés différemment, l’entreprise doit pouvoir justifier cette différence par des éléments professionnels, objectifs et non discriminants.

  • Une fois les niveaux définis, les RH peuvent associer une fourchette salariale à chaque poste ou niveau. Cette fourchette doit être suffisamment claire pour cadrer les décisions, mais assez souple pour tenir compte de l’expérience, des compétences et du marché.

    Une fourchette peut par exemple comprendre :

    • Un minimum, correspondant au niveau d’entrée
    • Un point médian, correspondant au niveau attendu
    • Un maximum, correspondant à un niveau de maîtrise élevé

    L’objectif n’est pas de figer toutes les rémunérations, mais d’éviter les décisions arbitraires. Une grille de salaires bien construite donne un cadre commun aux RH, aux managers et aux candidats.

  • La cohérence interne consiste à comparer les rémunérations entre collaborateurs, métiers et niveaux équivalents. Cette étape permet d’identifier les écarts qui peuvent poser question.

    Les RH peuvent examiner :

    • Les écarts entre femmes et hommes
    • Les écarts entre salariés récents et salariés plus anciens
    • Les différences entre métiers comparables
    • Les niveaux de rémunération par classification
    • Les augmentations accordées sur plusieurs années

    La directive européenne prévoit que les entreprises d’au moins 100 salariés soient concernées par des obligations de communication sur les écarts de rémunération entre les femmes et les hommes. Elle prévoit aussi une évaluation conjointe des rémunérations lorsqu’un écart moyen d’au moins 5 % dans une catégorie de travailleurs n’est pas justifié par des critères objectifs et neutres du point de vue du genre.

  • Une grille de salaires doit aussi rester compatible avec le marché de l’emploi. Les RH peuvent s’appuyer sur des enquêtes de rémunération, des données sectorielles, des conventions collectives ou des repères métiers.

    Mais le marché ne doit pas être le seul critère. Une entreprise peut créer des incohérences si elle augmente fortement les salaires d’embauche sans ajuster les rémunérations internes. C’est pourquoi la transparence salariale oblige à équilibrer deux logiques : l’attractivité externe et l’équité interne.

  • Une grille de salaires doit vivre dans le temps. Elle doit être documentée, partagée avec les personnes concernées et révisée régulièrement.

    Les RH doivent préciser :

    • Qui peut consulter la grille
    • Comment les fourchettes sont mises à jour
    • Quels critères permettent de changer de niveau
    • Comment les situations individuelles sont traitées
    • Comment les écarts sont analysés et corrigés.

    La communication est aussi importante que la méthode. Une grille peut être techniquement solide mais mal comprise si elle n’est pas expliquée.

Quelles compétences RH pour piloter la transparence salariale ?

La transparence salariale demande des compétences variées. Elle ne relève pas seulement du droit social ou de la paie. Elle mobilise aussi l’analyse des données, la communication, le dialogue social et la gestion des carrières.

Pour un étudiant qui s’oriente vers les ressources humaines, construire une grille de salaires permet de comprendre plusieurs dimensions du métier RH :

  • Analyser des postes et des compétences
  • Interpréter un cadre juridique
  • Utiliser des données sociales
  • Dialoguer avec les managers
  • Prévenir les discriminations
  • Accompagner les évolutions professionnelles
  • Expliquer une politique RH de façon claire

IGENSIA RH forme aux métiers des ressources humaines avec des cursus du Bac au Bac+5, notamment en initial et en alternance.

Ce sujet illustre bien l’évolution de la fonction RH : les professionnels doivent être capables de sécuriser les pratiques, mais aussi de construire des politiques lisibles, équitables et adaptées aux besoins de l’entreprise.

Construire une grille de salaires

Conclusion : préparer la transparence salariale avec une grille claire

La transparence salariale ne se résume pas à afficher une fourchette de salaire dans une offre d’emploi. Elle suppose de construire un cadre cohérent : des postes bien définis, des niveaux de responsabilité explicites, des critères objectifs, des données fiables et une communication claire.

Avant l’échéance du 7 juin 2026, les RH ont donc intérêt à structurer leurs grilles de salaires et à former les managers aux nouvelles attentes. Pour les étudiants, c’est un sujet concret pour comprendre les métiers RH de demain : plus stratégiques, plus outillés et plus engagés sur l’égalité professionnelle.

Pour découvrir les formations qui préparent aux enjeux RH actuels et futurs, consultez les parcours proposés par IGENSIA RH.

FAQ : Transparence salariale et grilles de salaires

  • Une grille de salaires est un outil RH qui associe des niveaux de rémunération à des postes, métiers, compétences, responsabilités ou niveaux d’expérience. Elle sert à encadrer les décisions d’embauche, d’augmentation et d’évolution professionnelle.

  • Construire une grille de salaires avant 2026 permet d’anticiper les obligations liées à la transparence salariale, notamment la communication d’une rémunération ou d’une fourchette aux candidats et l’explication des critères de rémunération.

  • Non. La directive européenne vise surtout à rendre plus clairs les critères de rémunération, les fourchettes de salaire et les écarts éventuels. Elle ne signifie pas que tous les salaires individuels doivent être rendus publics.

  • Les critères peuvent inclure le niveau de responsabilité, les compétences, l’autonomie, la complexité des missions, l’expérience pertinente, l’encadrement, les conditions d’exercice ou l’impact du poste.

  • Une grille de salaires permet de comparer des postes et niveaux équivalents. Elle aide à identifier les écarts de rémunération, notamment entre les femmes et les hommes, et à vérifier s’ils reposent sur des critères objectifs.

  • Ce sujet est utile car il relie droit social, recrutement, rémunération, données RH, dialogue social et égalité professionnelle. Ce sont des compétences essentielles pour les futurs professionnels des ressources humaines.

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